
Miguel Ángel Pérez Pirela. @ RedH
COHESIA, en collaboration avec le Réseau d’intellectuels et d’artistes pour la défense de l’humanité, reproduit et traduit ici l’alerte lancée par l’intellectuel vénézuélien et coordinateur international du réseau Miguel Angel Perez Pirela concernant la menace militaire à laquelle le Venezuela fait face actuellement.
J’écris ces lignes depuis l’éternel printemps de Caracas, et depuis un pays dont le peuple courageux résiste au milieu du harcèlement, des attaques et des provocations de toutes sortes, désormais y compris belliqueuses. Nous nous battons obstinément à cette heure pour maintenir la paix, le bien le plus précieux. Ce n’est que dans des occasions comme celle que nous vivons que nous comprenons à quel point il est difficile de maintenir l’équilibre subtil de la paix.
Les Vénézuéliens se battent quotidiennement pour ne pas tomber dans la psychologie de la guerre menée par le gouvernement impérial de Donald Trump et sa plate-forme technologique brutale de mort.
Aujourd’hui, dans la patrie de Bolívar, quand un garçon et une fille vénézuéliens vont à l’école tous les matins, il défie la terreur quotidienne que tente d’inoculer l’empire des États-Unis contre un peuple entier. Aujourd’hui, alors qu’un pêcheur vénézuélien s’aventure en haute mer, il défie huit destroyers américains, un sous-marin nucléaire, des avions de chasse au large de ses côtes et douze cents missiles visant un peuple pacifique. Aujourd’hui, quand un fermier laboure la terre du lever au coucher du soleil, il défie les tentatives coloniales d’affamer un pays entier.
Aujourd’hui, le maintien de la vie quotidienne, de la normalité et de la paix est un acte subversif de résistance, de rébellion et d’affrontement contre les vents de guerre qui soufflent du nord.
Dans ce contexte, on m’a confié la responsabilité d’assumer la coordination internationale du Réseau des intellectuels, des artistes et des mouvements sociaux pour la défense de l’humanité, l’héritage historique des commandants Fidel Castro Ruz et Hugo Chávez Frías.
Si il y a 20 ans, au moment de la naissance de ce réseau, la lutte pour l’humanité était une tâche capitale, elle est devenue aujourd’hui une lutte pour la survie elle-même. Quel sens de l’avenir ces deux dirigeants avaient-ils ! Ils ont convoqué les hommes et les femmes d’intellect et d’idées, d’art et de beauté, de solidarité, pour qu’ils se lèvent ensemble, comme un seul poing, dans le monde entier pour rendre l’humanité plus humaine, comme l’a chanté notre grand Ali Primera.
Le génocide à Gaza, retransmis en direct, n’est pas seulement funeste. C’est la systématisation du funeste. C’est une attaque perfide contre l’ensemble de l’humanité. C’est un message clair contre tous les peuples de la planète. La chasse de nos migrants dans les rues des États-Unis n’est pas une politique cyclique, ni simplement le délire d’une poignée de suprémacistes. C’est le plan rationnel et systématique du néo-fascisme à son stade d’expansionnisme planétaire.
Le blocus – ou mesures coercitives unilatérales – contre des pays comme le Venezuela et Cuba est un acte de guerre totale très bien conçu et rationnel, non seulement contre nos économies, mais aussi contre la psyché, l’esprit et l’âme même de nos peuples. Les suprémacistes ne veulent plus simplement nous soumettre et nous asservir comme avant, non. Ils veulent aussi nous anéantir physiquement et spirituellement. Les peuples du sud du monde sommes de trop dans leurs équations. Ils ne veulent pas de nous sur la planète, et d’ailleurs, ils ne veulent pas non plus de la planète. Ils ne sont pas fous. Ils pratiquent, à la lettre, un plan impérialiste, néo-fasciste et expansionniste dans sa phase de déclin terminal.
Cependant, il faut préciser que cette guerre totale a été déclarée contre les peuples du sud du monde, même lorsque le sud est au nord.
Trump, il y a quelques jours, dans un discours prononcé à la base du Quantum Marine Corps en Virginie, a déclaré la guerre au Venezuela, mais aussi à la population de Chicago. Il a menacé les Vénézuéliens et les soldats noirs, latinos, « gros » et femmes américains dans le même discours.
N’ayons pas le moindre doute : la guerre totale est contre l’humanité.
De cette Caracas menacée, de ce Venezuela harcelé depuis 25 ans, par des tentatives de coups d’État, des grèves pétrolières, des gouvernements parallèles, des tentatives d’assassinats, des invasions, des pannes électriques, des blocages économiques, de communication, diplomatiques, et au nom de l’humanité que nous sommes, je vous exhorte à vous battre pour la dignité de nos peuples, pour la vie sur Terre, pour l’égalité et la vraie liberté de la patrie, des patries, de la Grande Patrie, à travers notre Réseau des intellectuels, des artistes et des mouvements sociaux.
De notre Venezuela, nous faisons la même chose, nous nous battons et résistons avec une nation qui ne s’est pas laissée soumettre, une économie qui ne s’est pas laissée écraser, et un peuple qui se bat avec le travail quotidien, avec des votes aux élections, et même avec des armes, si nécessaire, à travers des millions de Vénézuéliens que nous avons enrôlés, parmi lesquels je me compte.
Caracas, 12 octobre 2025
